SituĂ©e en plein cĆur du Vieux Toulon, l’Ă©glise Saint-François-de-Paule a une riche histoire. ClassĂ©e monument historique, elle mĂ©rite le dĂ©tour.
Historique de l’Ă©glise
La premiĂšre pierre de cette Ă©glise fut posĂ©e le 30 janvier 1744. L’Ă©glise s’appela d’abord Ă©glise Saint-Jean car elle remplaçait une chapelle vouĂ©e Ă saint Jean-Baptiste, Ă©difiĂ©e au XVIIĂšme siĂšcle de l’autre cĂŽtĂ© de la place. La construction s’acheva en 1749. A cette Ă©poque, les RĂ©collets ouvrirent un couvent contigu Ă l’Ă©glise qui devint ainsi leur Ă©glise conventuelle. L’ordre mendiant des RĂ©collets, prĂ©sent Ă Toulon depuis un siĂšcle et demi, Ă©tait intimement liĂ© Ă la vie toulonnaise car les PĂšres, outre leur ministĂšre Ă terre, fournissaient Ă la Flotte des aumĂŽniers embarquĂ©s.
De 1790 Ă 1793, les Jacobins tinrent leurs rĂ©unions dans l’Ă©glise. AprĂšs la prise de Toulon, le 19 dĂ©cembre 1793, par les armĂ©es de la Convention, elle servit de prison. Successivement temple dĂ©cadaire, dĂ©pĂŽt de munitions, entrepĂŽt de tonneliers, elle fut rendue au culte en 1803, et Ă©rigĂ©e en paroisse sous le nom de Saint François de Paule.
Pourquoi cette nouvelle appellation puisque ce saint, mort en 1507, originaire de Calabre, fonda les Minimes et non les RĂ©collets ? Peut-ĂȘtre Ă cause du transfert d’une statue le reprĂ©sentant et provenant du couvent des Minimes situĂ© dans le proche quartier de Besagne.
Autre hypothĂšse : l’Ă©glise Ă©tant devenue, depuis sa rĂ©ouverture au culte, le siĂšge de la ConfrĂ©rie charitable des PĂ©nitents Noirs, et ceux-ci ayant pour patron saint François de Paule, l’habitude aurait Ă©tĂ© prise de l’appeler Ă©glise Saint François de Paule… Toutefois, certains Toulonnais l’appellent encore Ă©glise Saint Jean et une carte postale du dĂ©but du siĂšcle la reprĂ©sentant mentionne « Ăglise Saint Jean-Baptiste ».
Le culte paroissial fut assurĂ© jusqu’en 1941, mais il Ă©tait dĂ©jĂ bien rĂ©duit Ă cette date en raison de l’Ă©vacuation de la ville et des risques causĂ©s par la vĂ©tustĂ© des balcons antĂ©rieurs. TrĂšs Ă©branlĂ©e par les bombardements, l’Ă©glise fut complĂštement sinistrĂ©e lors du dĂ©part des Allemands en 1944. L’explosion des quais souffla la toiture. Les fresques admirables qui ornaient les murs et qui avaient motivĂ© le classement de 1942, Ă©taient irrĂ©mĂ©diablement perdues. Toutes les recherches menĂ©es Ă ce jour pour en retrouver une copie ont Ă©tĂ© vaines. En 1945, l’Ă©glise est rattachĂ©e Ă la paroisse cathĂ©drale, mais le culte ne peut plus y ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©.
AprĂšs la guerre, elle est l’objet d’une longue restauration sur le plan primitif de 1744. Le culte est rĂ©tabli en 1967. La rĂ©fection de la façade principale, entreprise en 1991, est achevĂ©e en 1994. Mais des dĂ©sordres apparaissent maintenant dans l’architecture intĂ©rieure… En 2005, elle redevient paroisse indĂ©pendante de la cathĂ©drale. Elle est confiĂ©e la mĂȘme annĂ©e Ă la SociĂ©tĂ© des Missionnaires de la MisĂ©ricorde Divine.
Architecture
De style baroque homogĂšne, Ă©tablie sur un plan basilical, cette ancienne chapelle du couvent des RĂ©collets est composĂ©e d’une nef prolongĂ©e par un chĆur Ă chevet plat. Les bas-cĂŽtĂ©s sont surmontĂ©s d’une large tribune qui court sur trois cĂŽtĂ©s, selon un modĂšle unique en France. Le couvrement est constituĂ© d’un plafond plat enduit. Si l’intĂ©rieur est d’un classicisme presque austĂšre, la façade principale, dont le motif central prĂ©sente une subtile convexitĂ©, est marquĂ©e d’une influence baroque avec son porche curviligne dorique et ses pilastres doriques surmontĂ©s de pots Ă feu.
Une grande fenĂȘtre axiale, rouverte rĂ©cemment, Ă©claire la tribune Ă l’Est. A l’origine, la lumiĂšre venait aussi de l’Ouest, par les baies du choeur, bouchĂ©es depuis. Le clocher date de la seconde moitiĂ© du XIXĂšme siĂšcle. Le clocheton primitif, Ă droite du choeur, a Ă©tĂ© restituĂ© en 1990.